psychothérapeute ou psychopraticien ?

 

J'ai décidé comme le fait la FF2P  (fédération française de Psychotherapie et de Psychanalyse)  de porter et de soutenir l’usage du terme de PSYCHOPRATICIEN
- d’une part  pour tenter de sortir de la confusion induite par la législation sur la réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute
- et d’autre part pour répondre à une réalité sociale et professionnelle de notre pays quant au métier.

En clair depuis 2012  Seul les Psychiatres et les Psychologues ont le droit de porter le titre de psychothérapeute. Or dans la formation universitaire des psychologues et des psychiatres , il n'y a pas de formation a la psychothérapie. Or cet apprentissage  de la psychothérapie repose d'une part sur une formation théorique  et sur une formation pratique fondée sur une psychothérapie personnelle suffisamment  approfondie, sur une formation expérientielle dans des instituts specialisés et plusieurs années de supervision.

C'est un paradoxe  mais c'est ainsi. 

 

je reproduis ici le texte du president Pierre Canoui

DE QUOI S'AGIT-IL ?

Le décret d'application de la loi du 24 juin 2009, publié le 20 mai 2010 (n°2010-534) du 20 mai 2010, modifié par celui du 8 mai 2012 (n°2012-695) ne réglemente ni la pratique de la psychothérapie ni ne définit ce qu’est la psychothérapie, il fixe les conditions d’attribution d’un titre. 
Le législateur a décidé  que pourraient porter automatiquement  le titre de psychothérapeute sur simple demande les psychiatres, les psychologues et moyennant une formation en psychopathologie et un stage de quelques semaines les médecins et les personnes diplômés d’un Master en psychologie ou en psychanalyse.
L’objectif de cette mesure était de protéger nos concitoyens de charlatans non formés et surtout de sectes qui, sous couvert de psychothérapie, embrigadent dans leurs rangs des personnes vulnérables.

Comment ne pas être d'accord avec un tel objectif ?

La FF2P a été fondée, il y a 17 ans, dans le but d’apporter un cadre et une réglementation à la pratique de la psychothérapie à une époque où aucune réglementation et contrôle de cette pratique n’existaient. Notre souci était la protection des usagers contre les dérives sectaires et le charlatanisme, face au vide juridique de l’époque concernant notre profession. Ce sont, aujourd’hui encore, nos principes fondateurs.
La FF2P (ainsi que l’AFFOP, le SNPPSY et PSY’G) a défini des critères précis afin de donner à nos concitoyens une garantie de formation et de sérieux des personnes issues des organismes de formation agréés par la FF2P.

C’est aussi pour ces raisons que bien avant la proposition de loi et l’adoption des décrets d’application, la FF2P a établi un annuaire (nommé à l’époque registre) des professionnels auxquels les usagers pouvaient se référer et dont la FF2P vérifiait le sérieux de la formation, l’éthique professionnelle et leur engagement dans le respect du code de déontologie.

La loi a décidé de sacrifier le fondement même de la psychothérapie, la réalité de celle-ci en France et quelques milliers de professionnels de la psychothérapie de ce pays.

EXPLIQUONS-NOUS 

La psychothérapie ne s’apprend pas dans les livres ou sur les bancs d’une salle de cours universitaires même si les connaissances fondamentales sont indispensables. La pratique de la psychothérapie s’apprend  par l’acquisition d’une méthode de psychothérapie, (concepts et pratiques) et dans l’expérience de celle-ci.
Etudes théoriques, formation pratique, apprentissage clinique, pratique supervisée et expérience personnelle sont les éléments constitutifs de la formation à la psychothérapie et les critères demandés par notre fédération.
Toutes les organismes de formation à la psychothérapie et à la psychanalyse l’ont compris depuis longtemps. Cette formation théorique et «  expérientielle » est longue et demande habituellement 6 à 7 années.
Qui demanderait à un chirurgien d’opérer sans avoir eu sa main guidée par un aîné en salle d’opération et pas seulement sur un croquis d’anatomie. C’est une évidence qu’il n’est pas utile de décliner plus longuement. La profession de psychothérapeute, comme d’autres, nécessite un compagnonnage.
Sans cela, on ne peut pas prétendre à la fonction de psychothérapeute même si la loi autorise à en porter le titre.
C’est cela que nous défendons.

Bien sûr, j’entends des tenants de la loi dire que ceux qui demanderont le titre de psychothérapeutes aux ARS, auront fait une formation au métier.
Rien n’est moins sûr.
Actuellement, l’apprentissage à la psychothérapie ne se fait pas dans les universités publiques, ni pour les médecins, ni pour les psychologues, ni pour les psychiatres, ni pour les masters en psychologie ou psychanalyse. Et la tentation est bien trop grande, pour des personnes autorisées par la loi à porter ce titre, de faire des formations au rabais, écourtées et surtout sans aucune pratique supervisée.

PSYCHOPRATICIEN : UN MÉTIER

C’est pour cela que nous avons décidé de poursuivre notre démarche pour la reconnaissance d’un métier et de promouvoir l’usage de titre de psychopraticien qui recouvre ce que nous défendons depuis des années.

C’est un bien beau métier que celui de vouloir aider son prochain par la parole, le verbe, l’échange et par des moyens non médicamenteux.

Nous sommes fiers de défendre une certaine idée de la psychothérapie et de la partager avec d’autres syndicats, organismes de formations, universités et instituts de recherches non seulement en France mais aussi en Europe et dans le monde.

 

Pierre CANOUÏ, président de la FF2P